Boycott Citoyen

Cible numéro 5 : BNP Paribas

A l’heure où le GIEC appelle les Etats à des « transformations sans précédent » pour tenter de limiter le réchauffement climatique, les banques financent allègrement des activités très coûteuses pour l’environnement, tout en clamant leur engagement pour la transition énergétique. En 2015, un lycéen l’avait déjà très bien expliqué lors d’un petit concours financé par BNP Paribas, en mouchant la banque au passage : voici ce qu’il faut savoir sur ce géant de la finance, en trois actes, un boycott et des alternatives.

En entrée : la spéculation financière

C’est le matin, et c’est dur de devoir se frotter à la réalité, mais nous le savons : grâce à nos dépôts d’argent, les banques ont accès à des ressources qu’elles utilisent pour faire des profits. Certes, il existe des lois pour protéger les clients, comme par exemple la réserve fractionnaire, que la banque est tenue de conserver auprès de la banque centrale… Mais elle ne représente que 1% pour la plupart des dépôts.
Bref, la banque investit, et potentiellement, votre argent peut servir pour un prêt à une entreprise pétrolière ou agroalimentaire que vous honnissez… Un exemple ? En 2016, Les Amis de la Terre France, Oxfam France, en partenariat avec Fair Finance France, ont accusé BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Natixis de complicité de violations des droits humains. Leur tort ? Ces banques avaient participé au financement (à hauteur d’environ 120 millions de dollars tout de même) du projet de pipeline « Dakota Access » (DAPL), dans le Dakota du Nord. Soit un projet d’oléoduc souterrain devant traverser quatre États américains et acheminer chaque jour un demi-million de barils de pétrole jusque dans l’Illinois… On doute que la flore et la faune de ces quatre Etats apprécient mais comme elles ne parlent pas l’humain, les banques s’en fichent.

En plat principal : les paradis fiscaux

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’ONG Oxfam, dans son rapport « Banques en exil : comment les grandes banques européennes profitent des paradis fiscaux »: les vingt plus grandes banques européennes déclarent un quart de leurs bénéfices dans des paradis fiscaux. Les cinq plus grandes banques françaises – BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC et Société Générale – ont ainsi déclaré 5,5 milliards d’euros de bénéfices dans les paradis fiscaux. Quatre d’entre elles sont notamment présentes aux Iles Caïmans, où elles ont réalisé… 174 millions d’euros de bénéfices bien qu’elles n’y emploient personne.

Et pour le dessert : des frais bancaires indécents

Là encore, c’est pas moi qui le dit, c’est 60 millions de consommateurs (et c’est pas plus mal, il ont fait deux trois études pertinentes) : selon eux, un client standard verse en moyenne chaque année 34 € de frais liés à un solde débiteur. Et pour le consommateur en difficulté, c’est presque dix fois plus : 296 € en moyenne… Ce n’est pas tout : lorsqu’un paiement se présente sur un compte dont le découvert va être dépassé, la banque l’honore, car elle y gagne gros : elle prélève des agios proches de l’usure, et surtout une commission d’intervention de 8 € censée rémunérer l’analyse de la situation par le conseiller. Or cette commission est… automatique ! Au bout de dix commissions, le plafond légal est atteint, et la banque passe aux rejets des paiements… Et ça fait combien d’argent, tout ça ? Hé bien beaucoup : l’ensemble des frais liés aux incidents de fonctionnement représenteraient 30 à 35 % du chiffre d’affaires des banques de détail, soit 6,5 milliards de chiffre d’affaires chaque année. Le résultat net est estimé à… 4,9 milliards !

BNP Paribas, un menu à boycotter

BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC, Société Générale, Natixis… Elles sont nombreuses, les banques irresponsables. Alors pourquoi BNP Paribas ? Parce qu’elle bloque tout bonnement la sortie européenne du charbon… BNP Paribas clamait il y a encore 15 jour, lors du One Planet Summit, son engagement en faveur de la transition énergétique. Mais comme le rappelle une enquête des Amis de la Terre, BNP Paribas continue d’accorder son soutien aux entreprises les plus agressives dans le développement du charbon, et cela même en Europe. Depuis la COP21, la banque a ainsi financé à hauteur de près de 600 millions de dollars les entreprises qui développent des centrales à charbon sur le vieux continent. On vous donne deux exemples :
– son soutien à RWE, qui prévoyait de raser la forêt de Hambach en Allemagne pour étendre une mine de lignite à ciel ouvert (projet qui vient finalement d’être interdit par la justice)
– son soutien à Energa qui a donné son feu vert début septembre pour la construction d’une centrale à charbon de 1GW Ostroleka C en Pologne.
Et on ne parle même pas du reste : visée par une plainte pour « complicité de génocide » au Rwanda, la banque a par ailleurs été condamnée à une amende de 10 millions d’euros pour blanchiment, et à une autre amende de 350 millions de dollars pour manipulation des changes l’an dernier, ce qui ne l’a pas empêchée de continuer sa petite cuisine : elle a à nouveau été sanctionnée cette année pour manipulation de taux de change, et condamnée à verser 90 millions de dollars il y a deux mois… Un casier digne des plus gros braqueurs.

Alors on fait quoi ? On choisit un autre restaurant…

… Et on change de banque, pardi ! Car s’il n’y a pas des masses de banques à peu près éthiques, elles ont le mérite d’exister :

  • La NEF : cette coopérative financière offre des solutions d’épargne et de crédit orientées vers des projets ayant une utilité sociale, écologique et/ou culturelle. D’après les Amis de la Terre et le cabinet de conseil Utopies, la Nef est l’établissement qui émet le moins de gaz à effet de serre par euro investi parmi toutes les banques françaises. Le plus ? Vous choisissez vous-même l’orientation de votre épargne parmi 4 secteurs (agriculture biologique ou bio-dynamique, développement social et solidaire, formation art et culture, écologie et environnement). Enfin, cerise sur le gâteau, vous pouvez faire don de tout ou partie de vos intérêts à une association partenaire de la Nef, incluant entre autre Amnesty International, Colibris ou encore Zero Waste France.
  • Le Crédit Coopératif : il dispose d’une offre « L’Essentiel Agir », qui propose d’affecter les sommes déposées sur le compte au financement de projets à plus-value sociale et environnementale. Le Crédit Coopératif vous laisse également la possibilité de choisir le domaine d’action que vous souhaitez soutenir : la planète, une société plus juste (aides aux personnes fragiles ou en situation de précarité), ou entreprendre autrement (coopératives, insertion professionnelle, commerce équitable), ou même ces trois à la fois. De plus, chaque fois que vous utilisez votre CB Agir, le Crédit Coopératif verse un don d’au moins 6 centimes d’euro à une association partenaire de votre choix.
  • La Banque Postale : elle constitue une banque atypique dans le paysage des “grandes banques” françaises : elle ne dispose pas à proprement parler d’une branche de financement et d’investissement typique des autres grands groupes (Crédit Agricole CIB, SG – CIB, BNP Paribas, CM-CIB, Natixis). Et en 2011, si elle se dote d’une branche de financement des entreprises et des professionnels, celle-ci est en effet limitée aux PME et TPE. Vous voulez vous faire votre propre opinion ? Rendez-vous sur le site de la Fédération Européenne des Finances et Banques Ethiques et Alternatives (FEBEA), ou sur le site Finance Responsable : créé par les Amis de la Terre, il a réalisé une étude très poussée des 9 grandes banques françaises, selon plusieurs critères : environnement, climat, transparence, paradis fiscaux. 

    Tout ça vous donne envie de vomir de bon matin et vous n’êtes même pas enceinte ? Vous voulez faire bouger les lignes ? Rejoignez notre mouvement de Boycott Citoyen, nous sommes déjà plus de 25.000 à priver BNP Paribas de ses clients pour l’obliger à changer de comportement…

    Et quand on est journaliste on cite ses sources, non mais !

    La Carotte Masquée
    Monsieur Mondialisation
    Bastamag
    La Tribune
    Agoravox
    60 millions de consommateurs
    Oxfam
    Les Amis de la Terre