Cible numéro 6 : Google

Nous sommes désormais plus de 3,7 milliards d’internautes dans le monde (soit 51 % de la population)… Alors si vous ne le saviez pas, vous l’imaginiez bien, et un rapport du think tank The Shift Project vient de le confirmer : la consommation d’énergie du numérique augmente. De 9 % chaque année en moyenne. Et côté prévisions, ça ne rigole pas : « le numérique devrait émettre en 2020 autant de CO2 que l’Inde en 2015 », analyse le rapport. Bien sûr, l’étude prend en compte la production ET l’utilisation des technologies numériques. Et la production, on en parlera lors d’un autre boycott (teasing !).
Mais pour ce qui concerne leur utilisation, on ne peut passer à côté de Google… En vingt ans, il est devenu un géant absolu. Qui n’utilise pas le célèbre moteur de recherche ? Qui ne recherche pas une adresse sur Google Maps, qui ne regarde pas des vidéos sur Youtube ? Google est partout, et traite quelques 3,3 milliards de requêtes chaque jour (100 milliards par mois).

Les recherches pèsent sur la planète

Le problème ? Un chercheur de Harvard, M. Wissner-Gross, a calculé que chaque requête sur le moteur de recherche Google produit 7 g de C02 du fait de l’immense quantité d’énergie consommée par ses quelque 500.000 serveurs. Résultat : en France, sur la base de 45,8 millions d’internautes en mai 2017, soit 87 % des Français (chiffres Médiametrie), les émissions de gaz à effet de serre liées à cet usage de recherche représenteraient plus de 450.000 tonnes équivalent CO2… Vous voulez voir combien ça fait depuis le début de l’année en temps réel ? Attention, ça donne le vertige !

Les mails participent au réchauffement climatique

On a du mal à imaginer combien d’énergie consomme l’envoi d’un mail. Mais on a aussi de la chance, parce qu’il existe des chiffres sur tout, maintenant, et notamment grâce à l’excellent documentaire « Internet, la pollution cachée » de France 5 : avec une pièce jointe, un mail, c’est l’équivalent d’une ampoule basse consommation allumée pendant une heure (soit 24 Wh selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, Ademe), sans pièce jointe, c’est cinq fois moins : 5 Wh. Et en 2016, c’est 2 672 milliards d’e-mails (hors spam) qui ont été envoyés dans le monde. Evidemment, ça fait beaucoup. Beaucoup, beaucoup : sachez que la production électrique de 15 centrales nucléaire pendant 1 heure équivaut à l’envoi de seulement 10 milliards de mails.

Les data centers surchauffent l’atmosphère

Reste à stocker toutes les données qui circulent… Les datacenters, fonctionnant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sont des gouffres énergétiques qui doivent être refroidis en permanence. La climatisation, indispensable, représente près de 40 % de leur facture électrique globale. Aux Etats-Unis, 5 % de l’électricité de la Caroline du Nord est utilisée par les principaux centres de Google, Apple et Facebook. Le hic, c’est que cette électricité est principalement issue de centrales thermiques au charbon, et que le charbon produit 50 fois plus de CO2 que les autres énergies fossiles… Alors certes, Google arguera qu’il a ouvert un Data Center écologique en Finlande, et qu’il peut le refroidir naturellement grâce à l’énergie hydraulique et aux températures glaciales qui sévissent dans le pays. Mais ça n’en fait qu’un sur 37. Et s’il a décidé d’opter pour un plan tourné vers l’énergie renouvelable concernant ses serveurs, le géant est moins regardant lorsqu’il s’agit de ses chaînes de production, et a été épinglé par Greenpeace l’an dernier.

Les alternatives à Google

Certains s’affolent déjà : comment on fait sans Google ? Hé bien malheureusement, on ne peut pas faire sans Google, on ne va pas vous mentir. A moins de changer drastiquement de mode de vie, ce qu’on ne va pas pouvoir faire d’un coup d’un seul, en ce mercredi matin. Mais on peut déjà changer de moteur de recherche et opter pour une boîte mail plus écologique. Cela, on peut le faire très facilement, on peut le faire dans la journée, et le peu que l’on puisse faire, il faut le faire, comme le disait Théodore Monod.

Du côté des moteurs de recherche, on peut utiliser Ecosia. Elaboré par une start-up berlinoise, il utilise une partie de ses revenus pour planter des arbres. Explications : comme tous les moteurs de recherche, Ecosia possède des liens publicitaires (EcoAds et EcoLinks) permettant d’obtenir des revenus pour chaque clic ou un pourcentage lors d’un achat sur un site partenaire. 80 % des bénéfices sont utilisés pour le soutien d’actions de reforestation au Pérou, en Indonésie, à Madagascar et au Burkina Faso… Soit l’équivalent de 2.000 euros par jour destinés aux arbres. Et pour neutraliser les émissions de CO2 causées par les recherches de ses utilisateurs, Ecosia fait appel à Myclimate possédant un programme de compensation de carbone. À ce jour, Ecosia compte plus de 3 millions d’utilisateurs et a permis de replanter plus de 6,7 millions d’arbres.

Autre possibilité : Lilo. Ce un moteur de recherche français reverse 50% de ses revenus à des projets sociaux et environnementaux. Le principe est le même que pour Ecosia : à chaque fois que l’on effectue une recherche, on gagne une goutte d’eau. Celle-ci représente l’argent que l’on génère grâce à l’affichage des liens commerciaux. Les gouttes d’eau collectées peuvent ensuite être redistribuées à l’association que l’on souhaite. Et contrairement à Google, Lilo empêche la collecte de nos données personnelles et désactive le tracking publicitaire.

Et puis il y a aussi Qwant : le navigateur européen Qwant, « 100 % protecteur de votre vie privée » en bannissant cookies et traçages publicitaires, , s’est engagé à s’alimenter exclusivement en énergies renouvelables via la signature d’un partenariat avec le groupe Akuo Energy.

Et il y a encore OpenStreetMaps pour remplacer GoogleMaps !

Et finalement, Framasoft offre de très belles alternatives aux manips que nous faisons tous les jours sur Google… Pour s’informer c’est par ici !

Du côté des boîtes mail, il y a la messagerie Lilo, avec laquelle on peut envoyer des pièces jointes jusqu’à 5 Go avec un impact énergétique minime. Elle propose de télécharger la pièce jointe dès sa réception via un lien dédié, limitant son temps de stockage dans les data centers. Autre avantage: elle nous alerte lorsque des pièces jointes inutiles et volumineuses occupent notre espace. Finalement, les serveurs de Lilo utilisent en partie de l’électricité produite à partir d’éoliennes ainsi qu’un système de refroidissement sans climatisation.

Il y a aussi Ecomail, dont 50% des revenus provenant de la vente du service sont utilisés pour la promotion, le développement et la création de projets écologiques. Tout comme Lilo, elle incite les utilisateurs à gérer leurs courriels de façon écologique, en leur rappelant par exemple de les trier pour libérer de l’espace et limiter leur pollution. La boîte mail, qui propose 5 Go d’espace disque et 2 Go d’espace disque Cloud, coûte 12 euros par an, mais analysons que c’est à peine le prix d’un menu au resto. On doit bien ça à la planète.

Il y a finalement la française Newmanity. Elle ne finance pas de projet écologique (dans la version gratuite destinée aux particuliers), mais son mode de fonctionnement est ultra vert : l’électricité qui l’alimente est fournie par Enercoop, dont l’énergie est 100% renouvelable et son data center Evoswitch se targue d’être le premier à avoir une empreinte carbone neutre. Il est basé aux Pays-Bas et est alimenté uniquement par de l’électricité issue d’énergies entièrement renouvelables : éolien, biomasse, solaire et hydraulique. Newmanity indiquait également à LCI en 2016 avoir décidé « de ne pas enregistrer d’informations sur la vie privée des utilisateurs, ce qui fait qu’on consomme beaucoup moins d’énergie sur nos serveurs ». Chez Newmanity, l’accès est gratuit pour 1 Go d’espace de stockage ainsi qu’un cloud. L’espace est certes quinze fois plus réduit que celui de la messagerie de Google, Gmail, mais cela incite les utilisateurs à trier leurs e-mail, et non à stocker des messages inutiles indéfiniment.

Après avoir lu ce billet, vous aurez bien compris que Google, occupé comme il l’est à stocker consciencieusement vos données, ne changera pas ses pratiques à moins d’y être obligé… Chiche ? Changez de boîte mail et de moteur de recherche, et invitez vos ami.es à rejoindre le mouvement du Boycott Citoyen, pour que l’on unisse nos pouvoirs de consommateurs. Nous sommes plus de 25.000 à vouloir donner plus de poids à nos décisions de consommateurs, et à nos convictions de citoyens… Chaque jour, Boycott Citoyen ajoute une marque à la liste noire des produits dont nous ne voulons plus, au nom de notre avenir. Pour participer à la magie des réseaux sociaux, c’est par ici !