Exploitation des enfants, déforestation… à Noël, pas de label, pas de chocolat !

13 décembre, J-11.
Les rues distillent de la magie de Noël de pacotille, à grands renforts d’éclairages et de neige artificielle : c’est parti pour la plus grande fête annuelle de la surconsommation, c’est bientôt Noël.

Les calendriers de l’avent sont déjà sortis depuis un moment (parce qu’on les a boycotté, on a eu droit à un atelier créatif d’anthologie), on a réussi à esquiver les sapins de supermarché pulvérisés de fixateurs polluants pour maintenir les pauvres arbres un tant soit peu vaillants, on a peut-être même triomphé avec une création maison, qui sait, et on a déjà trouvé tous nos cadeaux pour nos proches, en misant sur l’immatériel et le solidaire… Bref, on tient plutôt bien le coup, on est un peu fier de se dire qu’on va savourer les fêtes sans bousiller la planète, et on aimerait bien fêter ça avec quelques petits chocolats. Normal.
Sauf que.

La déforestation fait mal au ventre

L’amère déforestation du chocolat: c’est le nom de l’enquête menée en 2017 par l’ONG Mighty Earth, et qui pourrait bien vous donner une indigestion avant même d’avoir croqué dans le moindre chocolat de Noël. Selon l’ONG, une quantité importante du cacao avec lequel Mars, Nestlé, Hershey, Godiva et d’autres grandes marques fabriquent leur chocolat est cultivée illégalement en Côte d’Ivoire et au Ghana, les plus grands producteurs de cacao au monde. Plusieurs parcs nationaux et aires protégées ont ainsi vu 90 % de leur surface, voire davantage, convertie en cultures de cacao. En Côte d’Ivoire, la déforestation a chassé les chimpanzés qui vivent aujourd’hui dans des petites poches de forêts, et a contribué à réduire drastiquement la population d’éléphants à quelques centaines de spécimens, quand le pays pouvait s’enorgueillir jadis d’en compter plusieurs dizaines de milliers.

Trois sociétés, Cargill, Olam et Barry Callebaut, contrôlent à elles seules près de la moitié du marché mondial du cacao. L’enquête de Mighty Earth a remonté la filière du cacao, des cultivateurs installés dans les parcs nationaux aux intermédiaires et jusqu’aux négociants qui vendent ensuite ce cacao en Europe et aux États-Unis, là où les grandes sociétés de chocolaterie le transforment en tablettes, barres, pâtes à tartiner et en-cas. « Le degré d’implication de marques célèbres de chocolat comme Mars dans la destruction des parcs nationaux et des aires protégées est choquant », a déclaré Etelle Higonnet, Directrice juridique et Directrice de campagne pour Mighty Earth. 

L’exploitation des travailleurs fait mal au coeur

« L’industrie du cacao poursuit son exploitation des forêts et des communautés d’Afrique de l’Ouest pour un cacao vendu pour une bouchée de pain », a déclaré Sindou BAMBA, Coordinateur général de Regroupement des acteurs ivoiriens des droits humains (RAIDH). « Mais ce cacao bon marché coûte en revanche fort cher à la Côte d’Ivoire en matière de déforestation et d’abus des droits humains. Il est grand temps que ce secteur achète le cacao à un prix décent aux agriculteurs et qu’il mette en œuvre des pratiques de production durables afin d’assurer la résilience des écosystèmes locaux. » De fait, les cultivateurs de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana gagnent en moyenne moins de 0,82 $ par jour et travaillent dans des conditions dangereuses. Par ailleurs, le travail des enfants reste encore une pratique courante pour ce secteur, malgré les promesses de nombreux chocolatiers d’éliminer cette pratique. Selon Le Forum International des Droits du Travail, entre 500.000 et 1 million d’enfants travaillaient encore en 2015 dans des plantations d’Afrique de l’Ouest, au détriment de leur éducation et de leur santé. 

Notre remède: le boycott citoyen

La plupart des entreprises chocolatières ont lancé ces dernières années des programmes de développement durable, avec un accent important sur l’augmentation de la productivité de la culture du cacao. Mais selon l’ONG Oxfam, la chute des prix du cacao leur a permis d’augmenter leurs profits d’environ 4,7 milliards de dollars (le prix du chocolat à la consommation restant pratiquement inchangé). En 2017, il s’est avéré qu’aucun des nombreux programmes de développement durable ne pourrait avoir un impact sans que ne soit fixé un prix stable, garantissant un revenu décent aux petits producteurs et productrices.

Dans l’attente, l’enquête de Mighty Earth conclut que Mars, Hershey, Mondelēz et Ferrero font partie des poids lourds du chocolat qui achètent du cacao cultivé illégalement sur des aires protégées. Et c’est la raison pour laquelle nous, boycotteurs et boycotteuses citoyennes, nous engageons à ne plus acheter de chocolat appartenant à ces marques. Mais pas de panique : boycotter ces marques ne reviendra pas à nous priver de chocolats pour les fêtes ! Les alternatives responsables se trouvent par ici 😉

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