Ne produisez plus de plastique à usage unique : nous n’en voulons plus, nous vous laisserons tout.

Boycotter Nestlé, c’est bien. Boycotter Danone, c’est bien. Boycotter Coca-Cola, McDonald’s et Engie, c’est bien aussi. Mais si c’est pour aller acheter son énergie, son burger, son soda ou ses yaourts chez des concurrents tout aussi peu scrupuleux, nous sommes bien d’accord, cela ne changera rien à l’affaire qui nous préoccupe.

Et c’est là toute la différence entre un simple boycott, qui peut s’avérer contre-productif, et le Boycott Citoyen.
Ici, il n’est pas question de reporter notre pouvoir de consommation sur un objet équivalent. L’idée n’est pas d’arrêter le McDonald’s pour se mettre au Quick, de passer d’Evian à Vittel. L’idée est de ne plus mettre un pied dans une enseigne de fast food, et de boire cette eau potable du robinet que 2,4 milliards de personnes dans le monde nous envient. L’idée est d’accompagner un changement profond de paradigme, de profiter d’une prise de conscience collective pour adopter des nouveaux réflexes, pour oublier notre quotidien « d’avant », celui qui ne rient plus la route face aux enjeux qui nous attendent.

On boycotte Coca-Cola, Nestlé, Danone et McDonald’s pour leur utilisation plus qu’abusive d’un plastique qu’ils ne se donnent pas la peine de recycler ? Les 89 milliards de litres d’eau en bouteille engloutis chaque année nous font mal à la tête rien que d’y penser ? On n’en peut plus des 120 millions de sacs qui échouent sur nos côtes chaque année ? Il va falloir encore deux ans pour interdire les touillettes et les gobelets en plastique alors que ça semble si simple de le faire tout de suite ? Alors on va boycotter à la source, on va boycotter le plastique. Dès aujourd’hui.

Dès aujourd’hui, quand on ira faire ses courses, on pensera à prendre son cabas pour y ranger ses articles.
Si l’on va toujours au supermarché, on déballera ses achats après les caisses (oui, on a le droit), pour ne pas s’encombrer des suremballages qui nous empoisonnent la vie (mais bien moins que celle des poissons et des oiseaux qui meurent de ce qu’ils ont dans l’estomac).
Et puis si l’on va encore au supermarché, au passage, à un moment plus calme de la journée, de la semaine, on s’intéressera aux alternatives que l’on a, parce qu’elles existent. On se montrera curieux, on regardera si un marché coopératif n’a pas ouvert dans son quartier, s’il n’y a pas une épicerie en vrac pas trop loin de chez soi. Et on prendra ses sachets, ses bocaux, ses récipients, on transformera la corvée de courses en une petite joie, on prendra plus de temps pour choisir de quoi l’on va se nourrir. On prendra plus de ce temps que l’on cherche toujours à gagner, mais dont on ne profite finalement jamais, à force de vouloir aller vite. On prendra le temps de vivre. On fera ses propres yaourts, on se surprendra à être fier de soi, on s’amusera à trouver des recettes… On vivra.

Et on change ses réflexes.
Si on prend un petit café à la machine le matin au bureau, on se serira d’une vraie tasse, qu’on rincera après l’avoir utilisée.
A midi, quand on fera une brève pause pour aller chercher son sandwich à la boulangerie, on refusera la formule avec serviette en papier et bouteille en plastique incluse. On prendra un sandwich, on refusera le sac qui va avec, et on sortira sa gourde.
Quand on ira chercher un plat à emporter, on apportera avec soi son tupperware, et on refusera les couverts en plastique qui nous sont proposés.
Quand on se retrouvera avec un pot en plastique de fromage blanc vide, on le rincera, et on le gardera pour congeler la merveilleuse ratatouille de sa maman – ou de son papa ! – qui a fait exprès d’en faire trop pour que l’on puisse en ramener chez soi.
Dès aujourd’hui, on fera preuve d’imagination. On réutilisera. On fera des cartes de vœux avec des couvercles en plastique, on fera des vases avec des bouteilles de shampoing, on fabriquera des paillassons avec des sacs en plastique découpés, on créera des fleurs avec des bouteilles, comme les merveilleuses Street Mamies. On arrêtera de résister au changement, on le prendra à bras le corps, on l’accueillera, et on mettra de la poésie là c’est possible.

Et puis pour faire savoir notre ras-le-bol d’un système qui nous dit qu’il va changer depuis 1992 mais qui rechigne encore à mettre le pied à l’étrier, pour dire à nos dirigeants et aux entreprises que nous sommes prêts, et que nous n’en pouvons plus de les attendre, dès aujourd’hui, affichons clairement nos choix de consommation. Les affichettes de chaque boycott citoyen sont proposées par ici : à nous de les diffuser dans nos messages, de les afficher sur les enseignes irrespectueuses, et de faire nous-mêmes notre pub de citoyens, quand nous croulons sous les annonces publicitaires mensongères, sexistes et immorales d’entreprises irresponsables.
Harcelons le politique, ne lâchons rien face aux lobbies, et obligeons-les à écouter nos voix de consommateurs, puisque nos voix de citoyens semblent ne pas porter assez pour être entendues.

9 commentaires

  1. Zéro de conduite pour le plastique.
    Parfois c’est bien pratique. Alors je me tourne vers l’éco plastic ou PLA. Pour les disette de café, sacs poubelle, j’ai même une eco Can pour chacun des membres de ma famille, (que je rempli de la boisson que je veux et de l’eau du robinet bien sûre : à Grenoble il paraît qu’elle est bonne) . Mais l’entreprise Plastudio est en Chine. Est ce que l’entreprise est éthique ? Fais travailler des enfants ? Deforeste pour planter du maïs ( OGM ? Pesticides ?) Pour les grands groupes, on commence à savoir mais pour les alternatives au plastique…
    SOS Élise Lucet ! 😉
    Que faire ?

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  2. Tout à fait d’accord avec cet article, sauf sur un point : l’eau du robinet.
    Au risque de me faire lyncher ici, j’affirme que l’eau du robinet n’est pas potable. Elle est buvable au mieux. Il y a plus à manger qu’à boire dans l’eau du robinet : fluor, résidus médicamenteux, pesticides…
    Après maintes recherches, de lectures de tests des laboratoires, d’arguments pour ou contre sur le net, voila maintenant mon opinion.
    Ça me fais mal d’acheter des bouteilles d’eau avec tout ce plastique, mais j’ai fait un choix entre ma santé et la pollution. En attendant d’avoir mon chez-moi et un osmoseur inversé en tout cas.
    Je suis contre le plastique et pour la planète, mais je n’irais pas pour autant m’empoisonner.

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    1. Fort bien, mais il y a des microparticules de plastique dans l’eau minérale des bouteilles en plastique, et cela ne devrait pas nous étonner, puisque les bouteilles sont en plastique, justement… Faudrait-il préférer des bouteilles en verre, et consignées, (comme on faisait autrefois)? Que dire alors du coût du transport, en combustible, pour aller remplir de nouveau ces bouteilles à la source?

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  3. Oui, c’est formidable de voir enfin une convergence citoyenne sur ces sujets, mais la limite c’est en effet l’impossibilité de peser sur les décisions industrielles à l’étranger… Et les industriels asiatiques, russes, et autres, ne semblent pas vraiment sensibles à l’urgence de faire autrement… que ce soit pour le plastique ou pour les ventes d’armes, d’ailleurs. Combien de temps encore « business first  » ?

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  4. J’aimerais boire l’eau du robinet, mais ici, dans le sud Artois, on est submergé de pesticides ! Je ne trouve pas de solution dans ce domaine.

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