Au nom de la liberté de la presse, boycottons la communication gouvernementale

Samedi 20 avril, de nouvelles atteintes graves ont été faites à l’encontre de la liberté de la presse de la part du gouvernement. Des journalistes ont de nouveau été visés par des tirs de LBD et deux d’entre eux, Gaspard Glanz et Alexis Kraland, ont été arrêtés.

« Les journalistes ne peuvent pas tolérer de se voir régulièrement pris pour cible par les forces de l’ordre. » Vingt-deux rédactions ont apporté leur « plein soutien », mardi 23 avril, à Gaspard Glanz, « empêché de faire son travail de journaliste », « d’informer », condamne le communiqué paru ce matin. Il a notamment été signé par les sociétés de journalistes ou de rédacteurs de BFMTV, des Echos, du Figaro, de France 2, de France 3 National, de franceinfo.fr, de France Inter, du JDD, de Libération, de Mediapart, du Monde, de RFI, de RMC ou encore TV5 Monde.

Sans pour autant faire l’objet d’une arrestation, un nombre bien plus grand de journalistes, qu’ils soient ou non indépendants, a fait récemment les frais de leur couverture des « gilets jaunes » sur le terrain. Le Syndicat national des journalistes rappelle ainsi qu’il est actuellement « aux côtés de dizaines de confrères qui ont porté plainte pour violences de la police. Un journaliste a eu la rotule cassée récemment, une autre sa carte de presse subtilisée… » Parmi eux, des représentants du Parisien, du JDD, d’Explicite ou de l’AF

Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, le journaliste David Dufresne a relevé, de manière vérifiée et documentée, 62 atteintes aux journalistes de la part des forces de l’ordre.

Sans liberté d’information, pas de démocratie : il est inadmissible que la presse soit empêchée de faire son travail.

Après une garde à vue de 48 heures, il a été signifié à Gaspart Glanz qu’il lui serait désormais interdit de couvrir les manifestations parisiennes prochaines, les samedis ainsi que le 1er mai, « ce qui revient à lui interdire de faire son travail de journaliste », se sont émues les rédactions. « Les SDJ et SDR déplorent également le silence ahurissant du ministre de la Culture et de la Communication, pourtant censé soutenir la liberté et l’indépendance de la presse ».

Pour montrer notre désaccord avec ce musèlement de la presse, nous proposons aux journalistes et aux citoyens de boycotter la communication gouvernementale et de ne pas relayer ses communiqués.