Mone Fousseny, boycotteur citoyen: « Au Mali aussi, la jeunesse s’engage pour le climat ! »

Mone Fousseny est né le 14 mai 1993 à Bamako. Agent de santé, il a découvert le Boycott Citoyen grâce aux réseaux sociaux, et nous suit activement depuis l’Afrique, au Mali.

Quel a été votre déclic ?
Ma prise de conscience remonte à loin : mon oncle était cultivateur et m’a enseigné la beauté et la fragilité de la nature. Au fil du temps, avec les pluies diluviennes de plus en plus fréquentes, et les inondations, j’ai vu l’équilibre de la nature se transformer, et c’est tout naturellement que j’ai voulu m’engager, depuis le plus jeune âge, pour la protéger.
49616275_310188779617856_2561972241449353216_nJ’ai réuni mes frères et sœurs pour qu’ils s’impliquent avec moi, et nous avons réuni autour de nous un groupe de jeunes engagés et motivés pour mieux lutter contre le réchauffement climatique.

Sentez-vous l’impact environnemental des gros groupes dans votre quotidien ?
Les dégâts des multinationales sont énormes : le manque de transparence, l’établissement de contrats douteux, la fragilisation des sols, la destruction de la flore et de la faune, le non respect du code minier, la contamination des eaux souterraines par le cyanure, la propagation aux hommes et aux animaux… Au Mali, l’Etat exerce un contrôle vraiment insuffisant sur les pratiques des multinationales, et nous, citoyens, qui pâtissons des conséquences.
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L’agriculture au Mali souffre d’une absence totale de vision à long terme : les Maliens manquent de formations et d’informations. Abandonnés par l’Etat, ils sont coincés dans des modèles intensifs dangereux pour la biodiversité, et ne se rendent même pas compte qu’il est possible de choisir une agriculture respectueuse de la terre et de l’environnement… Les traditions respectueuses de la nature perdurent dans les régions reculées, mais aux abords des grandes villes, l’industrialisation et l’utilisation de produits chimiques détruisent la nature.
49730787_357485914832472_1536329970945622016_nAu niveau local, les nombreux dépotoirs d’ordures menacent directement notre santé. Quoi de plus plus normal, alors, que des jeunes d’un pays en détresse comme le Mali et très vulnérable aux conséquence du réchauffement climatique, s’engagent pour changer la donne ?

Comment avez-vous découvert le Boycott Citoyen ?
Notre engagement vient de ce constat vécu sur le terrain, et de l’inaction de nos gouvernants sur le sujet. J’ai découvert le Boycott Citoyen sur Facebook, et cela m’a fait du bien de voir que des gens qui ne se connaissaient pas se mobilisaient ensemble, échangeaient des astuces, des conseils… Alors j’ai décidé de m’y mettre moi aussi. Avec mon groupe, n
ous avons commencé par le boycott de Coca-Cola ; c’est une boisson très consommée au Mali, mais elle est concurrencée par d’autres boissons nationales, et nous avons beaucoup communiqué avec notre entourage pour que chacun change ses habitudes.
Nous avons entamé des campagnes de sensibilisation. Le Boycott Citoyen nous aide à trouver les bons arguments pour convaincre les riverains de l’urgence d’agir, tous ensemble. Les articles nous montrent que nos actions quotidiennes peuvent être facilement revues, et même changées radicalement, pour enclencher le changement. 49786044_273403939997922_9017910246047219712_nCertes, cette transition comportementale exige des sacrifices, mais nous estimons que chacun d’entre nous doit s’y soumettre volontairement. Notre projet, c’est de mettre en place un Caravane de sensibilisation et d’information pour Mieux éduquer la population aux dangers et conséquences du réchauffement climatique

Quel message avez-vous envie de faire passer ?
J’ai envie de dire aux habitants de la planète Terre, sans distinction de race, de couleur ou de religion, que nous sommes tous concernés et responsables face au réchauffement climatique. L’alarme climatique a sonné, et le temps est venu pour nous de tous prendre conscience qu’il est encore temps d’agir au niveau local, dans nos foyers, nos villages, nos villes… Aujourd’hui, tout de suite, nous nous devons de construire un éveil climatique pour les générations futures. Notre planète souffre et a besoin de nous plus que jamais.
Soyons reconnaissant envers elle, et exigeants envers nous, pour qu’elle puisse respirer. Nous souhaitons nous associer à toute les initiatives à l’échelle planétaire, pour lutter ensemble contre le réchauffement climatique et proposer des actions concrètes, à court, moyen et long terme à nos populations. N’hésitez pas à nous proposer des actions communes sur notre page Facebook « Ensemble pour le Climat Bamako »!