Monstre du plastique, accapareur d’eau, esclavagiste… Nestlé, ne compte plus sur nous

Nestlé, déjà, c’est Nespresso. Et rien que pour ça, il faudrait le boycotter. D’ailleurs, on l’explique en long, en large et en capsules par ici.

Mais Nespresso n’est que le début du petit bout de la lorgnette de Nestlé, qui n’est rien de moins que la première entreprise agroalimentaire au monde, avec un chiffre d’affaires de 95 milliards de dollars. La multinationale attire les enfants avec Kitkat, Crunch, Smarties, Lion, ou encore Lanvin, elle fait croire aux femmes qu’elle les embellit avec l’Oréal, elle abreuve les foules avec San Pellegrino, Vittel, Perrier, et Pure Life, elle fait dans le luxe avec Ralph Lauren, Gorgio Armani, Diesel et Yves Saint Laurent, et elle cherche même à séduire nos chats avec Purina… Nestlé est partout. Et partout, elle propose une vision de la vie et des valeurs qui font mal aux hommes et à la planète.

En Tunisie, Nestlé exploite les réfugiés syriens

Lundi 29 avril, le New York Times a publié une enquête sur le sort des réfugiés syriens en Turquie. Pour survivre, ils seraient de plus en plus à travailler dans les 600.000 exploitations de noisettes du nord du pays. Les employés, dont certains sont des enfants, ne sont payés que 9 euros par jour. « Cela ne suffit pas à maintenir une famille au-dessus du seuil de pauvreté du pays », précise Les Echos. L’enquête décrit également des journées éprouvantes. « La semaine de travail de sept jours est la norme », rapporte le New York Times. Le rapport avec Nestlé ? La région fournit 70% des noisettes produites dans le monde entier. « Une grande partie de la récolte se termine dans des confiseries appréciées, comme la pâte à tartiner Nutella fabriquée par Ferrero, les barres de chocolat de Nestlé et les chocolats Godiva fabriqués par une société turque, Yildiz », indique l’article. Bravo Nestlé pour la non traçabilité de vos produits, et l’esclavagisme que cela induit…

Commerce de l’eau et palstique : pas de scrupule, pas d’éthique
Nestlé, c’est aussi l’eau en bouteilles. Plus de 70 marques d’eau en bouteille… Une pollution plastique scandaleuse (on rappelle quand même que 89 milliards de litres d’eau en bouteille sont consommés chaque année), alors que l’eau du robinet est bonne à la consommation dans la plupart des pays dits « développés » (parfois, on a un doute sur le terme), et que la production de l’eau en bouteille vient assécher les nappes phréatiques des pays où elle manque cruellement. Or M. Brabeck-Letmathe, président de la multinationale, estimait en 2012 que la question de la privatisation de l’eau pouvait être abordée de deux manières : « L’une est extrémiste, défendue par quelques ONG qui considèrent que l’eau est un bien public. » Balayant cette thèse, il précise son idée : « L’eau est une denrée alimentaire comme les autres et doit avoir une valeur marchande » (empruntée au documentaire We Feed the World). Dans une société où tout peut avoir une valeur marchande, Nestlé considère que l’eau peut assurer la croissance de l’entreprise, dans notre monde où 2,4 milliards d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable. D’ailleurs, en ce moment et ici même, la nappe phréatique de Vittel est en train d’être asséchée par la firme. Bravo Nestlé pour vos valeurs nauséabondes.

Huile de palme : zéro de conduite
Les Kitkat, il faut bien les fabriquer. Et pour le faire à bas coût, Nestlé n’hésite pas à détruire des dizaines d’hectares de forêt, en Indonésie notamment, au mépris de ceux qui y habitent. La dernière enquête de Greenpeace a montré que via leur fournisseur Wilmar, 25 producteurs d’huile de palme ont détruit plus de 130 000 hectares de forêts tropicales depuis 2015. Et il ne s’agit pas uniquement de destruction des forêts : exploitation de travailleuses et des travailleurs, conflits avec les communautés locales, plantations sans permis, plantations dans des zones censées être protégées, feux de forêts liés à des défrichages sauvages… Pourquoi être éthique quand on peut faire absolument n’importe quoi ? Merci Nestlé pour votre participation à la destruction des forêts primaires.

Et ce n’est pas tout : Nestlé est un groupe historiquement toxique… Leader du marché du lait en poudre pour nourrissons, il a contribué à la surmortalité des nouveaux-nés dans les pays en voie de développement dans les années 70 et 80. Et il y a eu aussi la pollution illégale de cours d’eau, le trafic d’enfants d’Afrique amenés en Côte d’Ivoire pour travailler sur les plantations de cacao de la firme, le lait contaminé à la mélanine en Chine… Tout cela, c’est Nestlé. Merci encore !

Nous avons le pouvoir de faire changer ces pratiques

Cela vous a convaincu d’arrêter de donner votre argent durement gagné à la marque ? Inscrivez-vous à la campagne i-boycott et rejoignez le mouvement, nous sommes plus de 25.000 à vouloir donner plus de poids à nos décisions de consommateurs, et à nos convictions de citoyens…

Vous voulez passer à l’action ? Du 24 mai, jour de la grève mondiale pour le climat, au 1er juin, journée mondiale contre le plastique, Le Boycott Citoyen, Plastic Attack France, Zero Waste France, United4earth, Youth for Climate, Les Désobéissants, Il est Encore Temps, Cleanwalker, Désobéissance Ecolo, Citoyens pour le Climat et Je Suis le Climat unissent leurs forces.

Nous vous proposons de lancer ensemble ce que les Etats ne se décident pas à imposer, et ce que les multinationales se refusent à faire : une guerre totale contre le plastique. Et chacun peut y participer à son niveau en choisissant sa mission !

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