Climat : la génération « No Future » passe à l’action

Nos générations n’ont qu’à bien se tenir, la vraie génération « No Future » entre en scène, et elle n’a vraiment rien à perdre…

Les multinationales entravent toute action climatique ambitieuse ? Le lobby du patronat minimise les efforts environnementaux ? Les groupes agro-alimentaires continuent à déforester à tout va ? L’ONU nous prévient que nous n’avons plus que deux ans pour réagir avant une menace existentielle ? Toutes ces infos nous alertent, nous révoltent et nous attristent ? Les jeunes aussi. Face à l’inaction de leurs aînés, ils ont décidé de prendre les choses en main.

Greta Thunberg, la figure de proue

Greta Thunberg a été la première. La jeune suédoise de 15 ans a commencé à aller manifester à Stockholm, toute seule, devant le Parlement de son pays, au lieu d’aller en cours. Elle s’y est rendue pendant trois semaines avant les élections de septembre 2018, pour demander au Premier ministre de se conformer à l’Accord de Paris. Puis elle a décidé de renouveler son action chaque vendredi, en twittant avec le hashtag #ClimateStrike. Elle a fait une intervention remarquée lors de la COP 24. Et puis, il y a quelques jours, elle s’est rendue en train à Davos.

La jeunesse s’organise

« Si quelques enfants à travers le monde peuvent faire la Une en ne fréquentant pas l’école, imaginez ce que nous pourrions faire ensemble si nous le voulons vraiment. » Voilà ce que Greta Thunberg a déclaré lors du sommet international sur le climat en Pologne. Et les jeunes ont commencé à s’organiser. Pendant que les adultes échangeaient des photos de chatons et des Instagram de déjeuners parfaits, pendant que les grands de ce monde discutaient économie verte entre deux jets privés, et tergiversaient sur des pailles en plastique, les jeunes sont passés à l’action. Partie de Suède à la rentrée, la mobilisation a essaimé en Australie, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse, et puis en Belgique, au Canada, aux Etats-Unis, en Irlande, au Royaume-Uni… Le mois dernier, plus de 150000 étudiants déclenchaient des grèves dans plus de 270 villes aux quatre coins du monde. En Belgique, la mobilisation a rassemblé quelques 35.000 lycéens et étudiants sous l’étendard « Youth for Climate ».

Le 15 mars, jour de grève pour la génération « No Future »

La France aussi se réveille : dès le 15 février, les étudiant.e.s et lycéen.ne.s réuni.e.s ont choisi de se mettre en grève avec Désobéissance Ecolo Paris . Chaque début de semaine, les jeunes présenteront au gouvernement une mesure à mettre en oeuvre immédiatement pour empêcher la continuation du désastre écologique. Si rien n’est fait, une action de désobéissance sera menée chaque vendredi. Leçon n°1 : cette semaine, il est demandé au gouvernement de déclarer l’état d’urgence écologique et sociale, et de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour respecter les accords de Paris . Le 15 mars prochain, c’est Youth for Climate France qui appelle les collégiens, les lycéens et étudiants à faire une Grève pour le Climat, à la veille des Marches pour le Climat organisées le samedi 16 mars sur tout le territoire. Plus de 30 villes sont prêtes à organiser une manifestation.
A Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Troyes, Nancy, Caen, Annecy, Rouen, et aux quatre coins de la France, les jeunes s’apprêtent à prendre la relève, sidérés de l’inaction de leurs aînés. Ils ont un certain nombre de cartes en main : surfeurs nés du web, ils maîtrisent les réseaux comme personne. Et si les « adultes » sont dans un déni sociétal phénoménal, eux ne le sont pas. Ils voient leur monde couler, ils ont la fougue de la jeunesse, et l’énergie du désespoir. Nos générations « No Future » n’ont qu’à bien se tenir, la vraie génération « No Future » entre en scène, et elle n’a vraiment rien à perdre… Elle a même tout intérêt à tirer son épingle du jeu, parce que son épingle du jeu c’est la vie.

L’union fait la force contre l’inaction climatique

Et c’est précisément là, à ce point exact, que tout peut basculer. Les générations au-dessus peuvent s’intéresser au mouvement, le critiquer ou s’émouvoir, en profiter pour échanger de vieilles photos de mai 68, analyser la montée de la crise sociale, sociétale, et vaquer à ses occupations. Ou elles peuvent se rallier à cette jeunesse abasourdie, soutenir son ascension, saluer sa détermination, lui prêter main forte. La bonne nouvelle ? Les mouvements climatiques, les uns après les autres, se joignent à la lame de fond pour participer à donner de l’ampleur à la voix de la jeunesse. « Tout le mouvement climat se réjouit que la jeunesse s’organise pour montrer son engagement et sa détermination à lutter contre le dérèglement climatique », confirme Florent Compain, président des Amis de la Terre France.
Vos enfants veulent eux aussi être acteurs du changement pour participer à rendre leur avenir possible ? Parlez-leur de Greta Thunberg et des rassemblements organisés le 15 mars. C’est peut-être eux les super héros qui nous sortiront de ce pétrin.