Boycott numéro 11 : Total

Fin septembre, à l’occasion d’une journée investisseurs organisée à New York, Total a présenté sa stratégie et ses perspectives pour les années à venir. Quelques jours après avoir annoncé une découverte « majeure » de gaz au large du Royaume-Uni, son objectif est clair : maintenir une forte hausse de sa production. Le groupe pétrolier a confirmé son objectif de croissance de production de l’ordre de 6% à 7% par an en moyenne sur la période 2017-2020, et sa prévision d’investissements nets de 15 à 17 milliards de dollars sur cette même période. A l’heure où nous nous devons collectivement de réduire notre consommation face à des ressources qui s’épuisent, on dit bravo. Et on cite quelques belles raisons de boycotter totalement Total.

Total dépasse totalement les bornes
Selon un rapport de l’ONG internationale Carbon Disclosure Project, plus de 70 % des émissions de gaz à effet de serre émaneraient de seulement 100 entreprises« Sur les 635 milliards de tonnes d’équivalent CO2 issues des 100 plus gros producteurs, 32% peuvent être rattachés à des investissements publics, 9% à des investissements privés, et même 59% à des investissements nationaux », alerte le rapport. Parmi les sociétés privées les plus émettrices, Total. Les émissions de gaz à effet de serre de la multinationale française « représentent à elles seules plus des deux tiers de l’ensemble des émissions de la France ». Selon ces données, les émissions de gaz à effet de serre de Total ont atteint 311 mégatonnes équivalent CO2 en 2015, comparés à 463 pour la France. Le chiffre correspond à son activité en propre et celles liées à l’usage des énergies fossiles qu’elle produit, selon l’ONG. Arcueil, Bayonne, Bègles, Correns, Grande-Synthe, Grenoble, La Possession (à La Réunion), Mouans-Sartoux, Nanterre, Saint-Yvon, Sevran, Vitry-le-François et la collectivité territoriale de l’Est-ensemble Grand Paris demandent à Total d’agir pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Elles font valoir qu’elles « souffrent déjà de [ses] effets », dans un communiqué. Ces collectivités sont appuyées dans leur démarche par les associations, Sherpa, ZEA, les Eco Maires ou Notre affaire à tous. Nous aussi, soutenons-les, en boycottant totalement Total. Et en incitant nos élus à rejoindre le mouvement.

Total cherche totalement à détruire le Récif de l’Amazonie
Avez-vous entendu parler du Récif de l’Amazone ? Il a été découvert par des scientifiques en 2016, et exploré pour la toute première fois par une équipe de Greenpeace en 2017. À cette occasion,  de nouvelles espèces ont été aperçues au cœur de cet écosystème unique… Mais à peine découvert, le récif a été menacé par des projets d’exploration pétrolière que Total et BP veulent mener au large de l’embouchure de l’Amazone. L’an dernier, grâce à la mobilisation citoyenne relayée par Greenpeace, l’administration brésilienne a refusé d’accorder aux compagnies pétrolières les autorisations nécessaires pour débuter leurs forages. Elle a également renoncé à mettre en vente de nouveaux blocs d’exploration pétrolière dans l’embouchure de l’Amazone pour l’année 2018. Mais Total et BP ne comptent pas lâcher le morceau : ils viennent de présenter aux autorités brésiliennes une nouvelle étude d’impact environnemental, dans le but d’obtenir les précieuses autorisations pour forer près du Récif de l’Amazone. Pour les obliger à renoncer à leurs projets absurdes, vous pouvez signer la pétition de Greenpeace.

Patrick Pouyanné raconte totalement n’importe quoi
Patrick Pouyanné, patron de Total, et interviewé dans le magazine Capital d’août 2018, a annoncé, à propos de l’huile de palme, qu’elle « dégrade six à huit fois moins de surface que le soja ». Faux : s’il est vrai que le rendement surfacique de l’huile de palme est meilleur que celui d’autres huiles végétales, son impact environnemental est en beaucoup plus lourd. De fait, les plantations de palmiers à huile se font presque systématiquement au détriment de forêts tropicales. Au cause de la déforestation qu’entraîne la culture du palmier à huile, le « biodiesel », dont Total veut abreuver le marché européen à travers sa « bio-raffinerie », serait responsable de trois fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que les carburants fossiles et aurait donc un impact catastrophique sur le climat.

Total se fout totalement de nous
En 2015, Total décidait de reconvertir la raffinerie de La Mède dans les Bouches-du-Rhône, en bioraffinerie, et d’investir 275 millions d’euros. Objectif, sauver 250 emplois et produire 500 000 tonnes de biodiesel (hydrotreated vegetable oil) à partir de 650 000 tonnes de matières premières végétales, de graisses animales, d’huiles alimentaires usagées et d’huiles issues de déchets et de l’industrie papetière. Le problème ? Pour alimenter sa raffinerie, Total doit importer jusqu’à 450 000 tonnes d’huile de palme. Il a promis de les réduire à 300 000 tonnes par an, en compensant le manque par des graisses animales recyclées… Mission impossible selon les ONG : l’«autolimitation» du pétrolier à 300 000 tonnes d’huile végétale est «absente de l’autorisation officielle, ce qui permet à Total d’importer jusqu’à 450 000 tonnes d’huiles végétales brutes sans autre précision». Pour les Amis de la Terre, qui ont déposé un recours contre l’autorisation d’exploitation délivrée à Total, l’arrêté préfectoral du 16 mai devait, en vertu de la loi, comporter un plan détaillé d’approvisionnement en matières premières de la raffinerie pour les trois premières années de fonctionnement. Or cela n’y figure pas : l’arrêté se contente de mentionner que les 650 000 tonnes de matières utilisées annuellement à La Mède comprendront «au maximum 450 000 tonnes d’huiles végétales brutes de toutes natures». Et depuis, le gouvernement a imposé à l’Assemblée de soutenir l’huile de palme importée par Total. La boucle est bouclée.

Cela vous donne envie de réagir ? Rejoignez le mouvement, nous sommes plus de 25.000 à vouloir donner plus de poids à nos décisions de consommateurs, et à nos convictions de citoyens… Chaque jour, Boycott Citoyen ajoute une marque à la liste noire des produits dont nous ne voulons plus, au nom de notre avenir. Pour participer à la magie des réseaux sociaux, c’est par ici !

 

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