Boycott d’Amazon : aujourd’hui, le 23 novembre, pour Noël et à jamais

Agir maintenant : c’est l’injonction de l’étude spéciale du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) rendue publique en octobre. Pourtant, l’Europe ne semble pas s’inquiéter au point de passer à l’action : pas un seul État membre de l’UE ne figure parmi les 16 pays sur 197 qui, selon une étude réalisée par un centre de recherche américain et deux centres de recherche britanniques, ont pris les mesures politiques appropriées promises dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat.

Et nous, pendant ce temps-là, nous apprenons que le Brésil sombre dans l’extrême droite, entre une vidéo nous annonçant que 60% des animaux sauvages ont disparu en 44 ans, et un article nous informant du dégel flippant et néanmoins silencieux du pergélisol. Alors, comme nous faisons partie des 5% de la planète à pouvoir, à devoir le faire, nous tâchons, avec les moyens du bord, de privilégier  le bio et le local, nous évitons le gaspillage, nous boycottons le plastique… Mais nous savons pertinemment que la portée de nos petits gestes du quotidien, aussi indispensables soient-ils, est annihilée par les conduites irresponsables de multinationales qui ont un impact autrement plus colossal que le nôtre. Disons-le tout net : l’inquiétude nous gagne, la folie nous guette et l’impuissance nous terrasse.

Et voilà que début novembre, sans ciller, prévisibles à vomir, dédaigneux du naufrage de ce monde et certains de s’en mettre plein les poches, les fabricants de consommables nous annoncent que c’est bientôt Noël.

Utiliser notre pouvoir de consommateurs
Pourtant, tout n’est pas complètement foutu. Tout pourrait ne pas être phénoménalement gâché. Car nous sommes des consommateurs et des consommatrices, dont dépendent directement les entreprises qui se moquent de nous, des autres, de tout et de la terre entière. Nous avons le pouvoir de faire évoluer leurs pratiques scandaleuses, et comme visiblement ce n’est pas de gré, nous avons le pouvoir de décider que ce sera de force. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un exercice de longue haleine, courageux et coûteux : en fait, les fêtes de fin d’années pourraient suffire ! Il suffit de jeter un oeil à une animation en temps réelle pointant les habitudes de consommation des Français et les chiffres d’affaires de grandes enseignes pour se faire une idée plus précise du business de Noël. On peut aussi rendre une petite visite à ConsoGlobe pour achever de se remettre les idées en place.

Boycotter Amazon, spécialiste de la fast consommation
Alors on se relève les manches et on passe à l’action, en boycottant Amazon. Et ce aujourd’hui, et demain, et puis le jour du Black Friday, et aussi à Noël, et tant qu’à faire, pour toujours.
Il faut dire que l’an dernier, les Français ont acheté 2 millions de produits sur le site d’Amazon en une seule journée, lors du Black Friday… Ce n’est donc pas du tout par hasard, si l’on choisit cette cible à cette période de l’année. Nous n’allons pas rappeler tous les vices d’Amazon, Vice l’a déjà fait et plein d’autres encore. Donnons simplement quelques chiffres :

– En 2017, Amazon a livré plus de 5 milliards de colis en Prime (livraison gratuite le jour même)
– Tous ces colis, stockés dans des entrepôts pour pouvoir être livrés rapidement, ont auparavant transité depuis leur lieu de production, le plus souvent par la voie maritime, qui voit circuler plus de 90 % des marchandises acheminées dans le monde.
– Or les navires qui portent ces marchandises polluent énormément : les experts estiment  qu’un seul navire génère autant de pollution aux particules ultrafines qu’un million de voitures, à cause de la teneur en soufre de leurs carburants, jusqu’à 3 500 fois plus élevée que le diesel des voitures.
Pas très étonnant, dès lors, que Greenpeace ait épinglé Amazon l’an dernier pour son impact environnement : l’entreprise a opté pour les énergies renouvelables pour ses serveurs, et construit des panneaux solaires mais lorsqu’il s’agit de ses chaînes de productions, l’électricité consommée pêche, de même que son origine. En matière de matériaux, de traçabilité, de transparence et de design, le géant de Seattle est aussi gravement à la traîne. Finalement, selon le rapport, il n’existe pas de positions réellement bénéfiques pour l’environnement de la part de la firme : à l’exception de son rôle de soutien public à l’accord de Paris, Amazon ne dévoile aucune statistique sur le recyclage de ses produits et sa part d’énergie renouvelable. Elle ne montre en outre aucun effort particulier dans aucun des domaines soulignés par le rapport.
– Tout cela n’a pas l’air de déranger Jeff Bezos : le fondateur de l’entreprise trône toujours en tête des plus grosses fortunes du monde. Avec les 16% d’Amazon qu’il détient, sa fortune est estimée à 116 milliards de dollars
– Pire : Jeff Bezos a avoué l’an dernier « ne pas savoir quoi faire de sa fortune ». On lui suggèrerait bien de faire un peu moins fortune en respectant un peu plus les hommes et la terre, mais apparemment, cela demande trop d’imagination. Voilà qui devrait faire plaisir aux 80% de la population mondiale qui vivent avec moins de 10 dollars par jour, et n’ont pas le loisir de se poser ce genre de questions…
– Et tout cela, en ayant le culot de donner à sa société le nom de la plus incroyable forêt, de la plus phénoménale réserve de biodiversité que la terre ait à nous offrir

Déconstruire l’opération “lecture + cadeau = Amazon”
Commander un bouquin sur Amazon, c’est simple comme “je n’ai pas le temps d’aller chez un libraire indépendant pour acheter un livre qu’il n’aura probablement pas, il faudra le commander, ça va être compliqué alors qu’en deux clics je peux gérer le truc entre midi et deux au boulot”. Mais déconstruire l’opération “lecture + cadeau = Amazon”, c’est très simple aussi.

Voici quelques idées :

  • Il y a des plateformes de librairies indépendants qui font exactement la même chose qu’Amazon. Comme par exemple lalibrairie.com, ou Leslibraires.fr, un véritable réseau de libraires indépendants, qui vous proposeront un très large choix de livres neufs, mais aussi de livres anciens, rares ou d’occasion.
  • Autre option : Chez Mon Libraire, site collectif mis en place par les libraires de l’association Libraires en Rhône-Alpes en Novembre 2014. A partir de la rentrée 2016, il a été ouvert aux libraires auvergnats de LIRA. Aujourd’hui ce sont plus de 100  librairies qui, dans un esprit solidaire, ont fait le choix d’un service commun. La promotion du réseau des librairies est au cœur des missions de nos associations et le site chez-mon-libraire.fr en est le principal vecteur. Nos associations s’investissent aussi sur d’autres champs : accompagnement professionnel, formation continue, mutualisation d’actions, accueil des porteurs de projets, animations communes…
  • Dans la catégorie “l’arroseur arrosé”, on a aussi Amazon Killer, qui permet de faire la recherche sur Amazon puis de trouver le libraire indépendant qui vend le bouquin près de chez vous
  • On peut toujours se tourner vers Gibert.com pour acheter ou vendre des libres neufs ou d’occasion
  • De nombreux sites dont www.donnons.org proposent des livres d’occasion, gratuits !
  • Vous pouvez tester Scribd, un site de partage de documents en ligne actif depuis mars 2007. Scribd offre un lecteur gratuit de documents de 160 ko qui se charge dans les navigateurs, et les documents iPaper sont obtenus après conversion en PDF et peuvent être partagés. Ce lecteur supporte les zooms, la recherche de texte, différents modes de visualisation, l’utilisation de l’imprimante. Toutefois, le téléchargement des ouvrages reste réservé aux utilisateurs inscrits et ayant souscrit à un passe limité dans le temps.
  • Sinon, aussi, il y a l’imagination : appeler le libraire qui se trouve à côté de chez votre tata à qui vous voulez faire un cadeau, lui commander 6 livres de poche (d’occasion, même, si tata n’est pas contre le fait de toucher un livre sur lequel se sont inscrites d’autres empreintes de doigts), et offrir à tata pour noël un bon pour un bouquin tous les deux mois courant sur tout 2019.
  • Le cadeau qui dure aussi, c’est pas mal. Profitez de noël pour offrir un abonnement à un magazine indépendant. Il y en a pléthore, et ils se battent comme des braves pour essayer de vous donner de l’information intelligente, positive, différente, prospective… On ne saurait les citer tous, mais il y en a pour tous les goûts : WeDemain répertorie les avancées du monde, Usbek et Rica explorent le futur,  L’Eléphant cultive notre culture G, Kaizen fait vibrer le collectif, Les Autres Possibles cartographient les initiatives locales méritantes, Bouts du Monde fait parler les carnets de voyageurs… Non, définitivement, on ne saurait les citer tous. Mais il y en a forcément un qui pourrait faire plaisir à votre fiston, à votre femme ou à votre beau-père.
  • Ou même, même, tentez le combo imagination + cadeau qui dure : offrez à un proche une carte d’abonnement à la médiathèque de son quartier !

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