Mélanie, boycotteuse citoyenne : « il ne s’agit pas seulement de boycotter, mais de le faire savoir ! »

Quel a été votre déclic ?
J’ai 45 ans, je travaille en région parisienne en bibliothèque. Depuis plusieurs années, je suis sensible aux problèmes environnementaux et à la notion de gaspillage et de surconsommation. Le film « Demain » et une conférence sur le zéro déchet ont été des déclics importants pour changer petit à petit certaines habitudes de consommation et le fil d’actu de Lilo m’a permis d’en apprendre davantage sur le sujet. Cependant, mon sentiment d’impuissance grandissait au fur et à mesure que je prenais conscience de l’urgence climatique. On se sent découragé et seul, car, certes, le petit colibri fait sa part mais les grosses industries et les gouvernements ne font par la leur, et ils alimentent même l’incendie ! Mais, après la Marche pour le climat, j’ai découvert différents mouvements comme Nous voulons des coquelicots et Boycott citoyen qui vont plus loin qu’une pétition à signer ou un boycott à suivre. Il y a l’idée d’une action collective, massive, visible, et l’espoir qu’elle puisse faire boule de neige et levier.

Quel a été votre premier boycott citoyen ?
J’ai participé à la première journée sans achat mais comme j’avais oublié de recharger mon pass navigo et que je ne voulais pas utiliser ma carte bleue, je suis allée à pied à mon rendez-vous dentaire (ce qui m’a permis au passage de constater que ce n’était pas tellement plus long qu’en prenant le métro !). Je me rends compte que je vois arriver les journées sans achat comme un défi, et, plutôt que des journées ‘sans’ je les considère comme des journées ‘avec’, avec mon pouvoir de ne pas consommer. Ensuite, les premiers boycott proposés m’ont beaucoup plu par la clarté des informations données dans les articles. J’ai ainsi appris plein de choses sur Coca-Cola (que je n’achetais pas pour certaines de ces raisons) et, depuis, j’ai déjà sensibilisé plusieurs personnes sur ce produit avec les chiffres donnés dans l’article. Ces personnes ne vont peut-être pas arrêter d’en consommer complètement mais elles vont diminuer, c’est sûr, parce qu’une fois que l’on sait pourquoi on fait quelque chose, cela n’est pas un effort, une contrainte ou une privation mais juste une évidence.

Quels défis avez-vous tenu ?
Cela faisait un moment que je me disais qu’il fallait changer de fournisseur d’énergie sans passer à l’acte. Grâce au boycott n°2, j’ai enfin sauté le pas et j’ai changé Engie pour un autre fournisseur de gaz « mieux noté » et, tant qu’à faire, j’ai aussi résilié mon contrat EDF pour Enercoop. Et, bien sûr, je vais me faire un grand plaisir d’écrire à Engie et EDF pour leur signifier brièvement les raisons de mon départ. Enfin, même si je ne suis pas à la BNP, j’ai envoyé un courrier à la direction pour dire pourquoi je ne retirerai plus dans leurs distributeurs et que j’inviterai mes proches à en faire de même et à quitter la BNP. J’avais ouvert un compte au Crédit coopératif en juin dernier mais sans quitter ma banque (guère mieux que la BNP) pour plein de « mauvaises raisons », donc j’ai décidé de vraiment tout transférer au Crédit coopératif pour quitter définitivement l’autre et me fendre d’un beau courrier d’adieu. J’ai imprimé des affichettes pour les coller dans des endroits que j’avais déjà repérés. J’ai aussi fait un long mail à de nombreux contacts (même éloignés) pour leur parler des possibilités d’actions collectives comme Boycott citoyen.

Que voudriez-vous dire aux consommateurs qui hésitent ?
Je sens que quelque chose s’est libéré en moi et désormais je pourrais en parler à mon voisin de métro. Ce que j’aime avec Boycott citoyen, c’est qu’il ne s’agit pas seulement de boycotter mais DE LE FAIRE SAVOIR ! En écrivant aux entreprises, en en parlant autour de nous, avec des arguments simples et de poids, et en l’affichant (merci pour les affichettes !), on a moins l’impression d’être dans l’impuissance, tout seul dans son coin, dans une action individuelle, invisible qui semble dérisoire. Quand je vois l’investissement de ces entreprises pour trouver de nouveaux clients (le démarchage téléphonique d’Engie !), je me dis qu’en perdre, cela ne peut que les embêter sérieusement ! Donc, j’ai envie de dire à toutes les personnes qui ont décidé de participer à un ou plusieurs boycotts (ou tous ceux qui le faisaient déjà sans l’appeler « boycott »), surtout, surtout, faites-le savoir, aux entreprises (ou en collant des affichettes), mais aussi à votre coiffeur, ou n’importe qui. Expliquez pourquoi. Cela prend un peu de temps, d’énergie, mais cela en donne en retour (de l’énergie) !

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